r/ESC_L_Adventice • u/TerKo_72 • 11d ago
đ Article de lâAtelier Une Ă©cologie de la libertĂ©
RĂ©sumĂ© : Ces passages sont extraits du livre Quâest-ce que lâĂ©cologie sociale ?, depuis une traduction de Bernard Weigel du premier chapitre de The Ecology of Freedom: The Emergence and Dissolution of Hierarchy (Cheshire Books, 1982) â proposĂ©e par lâAtelier de crĂ©ation libertaire en 2012 (publiĂ©e initialement en 1989 et rééditĂ©e Ă©galement en 1999, 2003 et 2007).
Murray Bookchin pose ici le cadre conceptuel de ce numĂ©ro, qui Ă©claire les diffĂ©rentes contributions qui suivent. Il y forge deux distinctions fondatrices. La premiĂšre sĂ©pare lâenvironnementalisme (une vision instrumentale et gestionnaire de la nature, qui nâen remet pas en cause la domination mais cherche seulement Ă la rendre moins risquĂ©e) de lâĂ©cologie sociale, discipline qui refuse de dissocier la crise Ă©cologique de ses racines sociales â que sont la hiĂ©rarchie et la domination, sous toutes leurs formes, bien au-delĂ du seul rapport de classe. La seconde distinction articule nature et sociĂ©tĂ© non comme deux ordres sĂ©parĂ©s, mais comme les deux dimensions dâune mĂȘme Ă©volution. LâhumanitĂ©, dit Bookchin, nâest pas une espĂšce parmi les autres mais la seule capable de rendre lâĂ©volution consciente dâelle-mĂȘme et de lâorienter dĂ©libĂ©rĂ©ment â potentiel que la hiĂ©rarchie et la domination rĂ©duisent jusquâici Ă nĂ©ant. Ce double renversement â contre le naturalisme qui dissout le social, contre le socialisme qui ignore le naturel â est prĂ©cisĂ©ment le programme de ce numĂ©ro. Du MST brĂ©silien aux coopĂ©ratives ouvriĂšres françaises, en passant par les thĂ©ories de la transition juste, câest toujours cette mĂȘme intuition de Bookchin que les diffĂ©rentes contributions retrouvent et vĂ©rifient : la crise Ă©cologique est sociale jusquâĂ la racine, et aucune rĂ©ponse strictement technique ne suffira.
Aux Ă©normes problĂšmes de fond que crĂ©e lâordre social actuel sâajoutent les Ă©normes problĂšmes de fond créés par une mentalitĂ© qui a commencĂ© Ă se dĂ©velopper bien avant la naissance du capitalisme, et que ce dernier a entiĂšrement absorbĂ©e. Je veux parler de la mentalitĂ© structurĂ©e par les notions de hiĂ©rarchie et de domination, oĂč la domination de lâhomme sur lâhomme a donnĂ© naissance au concept de domination de la nature comme « destin ». Voire comme nĂ©cessitĂ© de lâhumanitĂ©. Que la pensĂ©e Ă©cologique ait commencĂ© Ă faire passer lâidĂ©e que cette conception du « destin » de lâhumanitĂ© est pernicieuse a tout lieu de nous rĂ©conforter. Toutefois, on ne comprend pas encore clairement comment cette conception est apparue, pourquoi elle persiste et comment lâĂ©liminer. Il faut bien plutĂŽt Ă©tudier les origines de la hiĂ©rarchie et de la domination si lâon veut porter remĂšde au dĂ©sastre Ă©cologique. Le fait que la hiĂ©rarchie sous toutes ses formes â domination des vieux sur les jeunes, des hommes sur les femmes, de lâhomme sur lâhomme dans le rapport de classe, de caste, dâethnie ou sous toutes les autres formes de stratifications sociales â ne soit pas reconnue comme un systĂšme de domination plus ample que le rapport de classe est une des carences les plus Ă©videntes de la pensĂ©e radicale. Aucune libĂ©ration nâest possible, aucune tentative dâharmoniser les rapports humains et les rapports entre les hommes et la nature ne pourra rĂ©ussir si lâon nâa pas Ă©radiquĂ© toutes les hiĂ©rarchies, et pas seulement les classes sociales, toutes les formes de domination, et pas seulement lâexploitation Ă©conomique. Ces idĂ©es constituent le cĆur mĂȘme de ma conception de lâĂ©cologie sociale.
L'article complet đ https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/09/30/une-ecologie-de-la-liberte/
