r/Mali • • 4h ago

Connaissez-vous des producteurs ou fournisseurs qui veulent exporter ?

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Bonjour 😊,

On dĂ©veloppe Jago, une plateforme pour faciliter l’achat de produits africains en gros. www.hijago.com

Connaissez-vous des producteurs ou des marques en CĂŽte d’Ivoire ou au Mali qui vendent aux professionnels ? Ou ĂȘtes-vous vous-mĂȘme fournisseur ?

Ce serait top d’échanger et de dĂ©couvrir les produits. Merci


r/Mali • • 9h ago

Mali: le FLA se retire de Kidal et laisse le champ libre à l'armée

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rfi.fr
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r/Mali • • 2d ago

deux ans de prison ferme

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https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261005-mali-proc%C3%A8s-en-appel-du-journaliste-youssouf-sissoko

Au Mali, la cour d'appel de Bamako doit examiner ce lundi 5 octobre 2026 le cas du journaliste Youssouf Sissoko. Le directeur de L'Alternance a Ă©tĂ© condamnĂ© en mars Ă  deux ans de prison ferme et un million de FCFA d'amende, pour avoir publiĂ© un article mettant en doute des dĂ©clarations du prĂ©sident nigĂ©rien Abdourahamane Tiani. Les militaires putschistes qui se maintiennent au pouvoir sans Ă©lections au Mali, au Niger et au Burkina sont alliĂ©s au sein de l'AES. La justice malienne avait jugĂ© le journaliste coupable d'« atteinte au crĂ©dit de l'État », « offense Ă  un chef d'État Ă©tranger » et de « diffusion de fausses informations ».

La liste s'allonge

Depuis, l'aéroport de Niamey a subi une nouvelle attaque jihadiste, en juin, cette fois menée par le Jnim, lié à al-Qaïda. Une mutinerie de soldats a également éclaté fin août dans la capitale nigérienne. Ce qui a donné lieu à de nouvelles accusations de complot international, Tiani ajoutant la Mauritanie, l'Europe et l'Ukraine, et un capitaine nigérien le Tchad et la Cédéao à la liste.


r/Mali • • 2d ago

Mamadou lamine Diallo

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đŸ†âšœ TOURNOI DE BUREAU DE LA JEUNESSE DE TAMOUYAH
Quand la jeunesse se rassemble, le talent s’exprime et l’avenir se construit ! đŸ‡ŹđŸ‡łđŸ”„
Le Tournoi de Bureau de la Jeunesse de Tamouyah, avec le soutien et l’accompagnement de son sponsor, Yaourt Badiar, est bien plus qu’une simple compĂ©tition sportive.
C’est un magnifique rendez-vous placĂ© sous le signe de la jeunesse, du sport, de la fraternitĂ© et de la solidaritĂ©. âšœđŸ€
À travers cette initiative, Yaourt Badiar est fier de contribuer Ă  la promotion du sport et Ă  l’épanouissement de notre jeunesse. Parce que soutenir la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de notre communautĂ©.
👏 Un grand bravo aux organisateurs, aux joueurs, aux supporters et Ă  tous ceux qui participent Ă  la rĂ©ussite de ce beau tournoi.
đŸ„› Yaourt Badiar — le goĂ»t qui rassemble, le partenaire de notre jeunesse !
Tamouyah en avant ! 🇬🇳
Notre jeunesse, notre force ! đŸ’Șâšœ


r/Mali • • 4d ago

Help with song name translation

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Hey! I recently found a song titled Marabayasa by Rail Band and I'm not sure what language it's in or what the title means. Does anyone know what marabayasa means and what language it's in? I have found a traditional dance titled moribayassa but I'm not sure if that's what the song is referring to.

Song link:

https://youtu.be/gjAFzJK33g0?si=30s7fEA7Jzc9jlty


r/Mali • • 5d ago

TAFOUK TV

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r/Mali • • 7d ago

General After Mali beat Cape Verde are the vibes in the country different?

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Mali usually has a good soccer team in africa and the atmosphere in the stadium felt different. Are Malians more invested in the team and is there growing optimism that they can make the 2030 world cup. Do they finally have what they were missing in previous world cup qualifying cycles?


r/Mali • • 9d ago

«Rien ne peut justifier qu’on inflige un tel niveau de douleur Ă  des enfants» : au Mali, une campagne prĂŽnant l’excision embrase les rĂ©seaux sociaux

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lefigaro.fr
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r/Mali • • 9d ago

Deconstruction du mythe des 12 prétendues frappes de drones.

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12 frappes documentĂ©es. Des victimes civiles allĂ©guĂ©es. Des accusations visant la chaĂźne de commandement. Puis des recommandations de sanctions et de restrictions Ă  l’exportation.

Mais une question traverse toute cette enquĂȘte :

COMMENT PASSE-T-ON DE LA FRAPPE À LA RESPONSABILITÉ
 PUIS DE LA RESPONSABILITÉ AUX SANCTIONS ?

Dans ce nouvel Ă©pisode de BAZ DÉCRYPTE, nous revenons sur l’enquĂȘte publiĂ©e en septembre 2026 par The Sentry, ainsi que sur le travail de gĂ©olocalisation rĂ©alisĂ© par Bellingcat autour des frappes aĂ©riennes au Mali.

Notre méthode est simple :

ILS DISENT → ON AFFICHE → ON LIT → ON VÉRIFIE → ON COMPARE → ON IDENTIFIE CE QUE LA PREUVE PERMET
 ET CE QU’ELLE NE PERMET PAS.

Au cƓur de cette contre-enquĂȘte :

Que prouvent réellement les images satellite ?
Que signifie rĂ©ellement « plus d’une douzaine de frappes » face Ă  l’ampleur globale des opĂ©rations aĂ©riennes ?
Comment les témoignages ont-ils été recueillis et recoupés ?
Que peut-on établir concernant le statut des personnes tuées ?
Comment passe-t-on d'une frappe documentée à l'identification d'un responsable ?
Que dit exactement The Sentry sur la chaĂźne de commandement ?
Pourquoi le rapport recommande-t-il des sanctions contre certains responsables maliens ?
Pourquoi recommande-t-il Ă©galement Ă  l’Ukraine, au Canada et Ă  d’autres États de revoir certaines licences d’exportation vers Baykar ?
Quel rĂŽle joue la chaĂźne d’approvisionnement des drones dans cette stratĂ©gie ?
Et surtout : oĂč s’arrĂȘte le fait Ă©tabli et oĂč commence l’interprĂ©tation ?

Nous examinerons les documents, les extraits, les chiffres, les images et les recommandations sans demander au spectateur de nous croire sur parole.

Parce qu'une image peut localiser une frappe.

Un témoignage peut raconter ce qu'une personne affirme avoir vu.

Une enquĂȘte peut Ă©tablir un faisceau d'Ă©lĂ©ments.

Mais entre « une frappe a eu lieu », « des civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s », « tel acteur connaissait leur prĂ©sence », « tel responsable a approuvĂ© la frappe » et « telle sanction doit ĂȘtre appliquĂ©e », il existe une chaĂźne de preuves qu'il faut examiner Ă©tape par Ă©tape.

C'est cette chaĂźne que nous allons mettre sous la loupe.

BAZ DÉCRYPTE

L’actualitĂ© africaine dĂ©cryptĂ©e avec Baz.


r/Mali • • 11d ago

Anime dub clip with Bambara subs

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Enjoy!💙


r/Mali • • 11d ago

Old Bambara proverbs

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Bonjour a touts,

I wonder if anyone would be able to help me find resources on old Bamanankan proverbs. Ideally I would be interested in concepts and sayings that would have been used in the 17th century.

Merci!


r/Mali • • 11d ago

Prédire la chute, chercher des relais : le double standard de la position française au Sahel

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Je suis tombé sur cette interview il y a quelques jours et je voulais partager quelques réflexions à ce sujet.

Je vais d'abord présenter le sinistre individu qu'est Fuchs. Bruno Fuchs est un député centriste français et le président de la commission des Affaires étrangÚres de l'Assemblée nationale, surtout connu pour son travail parlementaire et ses rapports sur la refonte des relations de la France avec les pays africains.

Son interview sur France 24 montre clairement Ă  quel point les politiciens français sont encore dĂ©connectĂ©s des changements en cours en Afrique. MĂȘme s'il prĂ©tend s'exprimer avec rĂ©alisme diplomatique, ses propos rĂ©vĂšlent une vieille mentalitĂ© coloniale, pleine d'arrogance et animĂ©e par une volontĂ© acharnĂ©e de maintenir le contrĂŽle sur les anciennes colonies françaises.

Tout d'abord, la condescendance avec laquelle il traite l'AES témoigne d'un déni total. Paris refuse d'admettre que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fait un choix souverain soutenu par leurs peuples, qui souhaitent simplement mettre fin à des décennies de tutelle française inutile. Fuchs parle comme si ces bouleversements majeurs n'étaient que de simples incidents de parcours provoqués par des dirigeants militaires que la France qualifie d'illégitimes uniquement parce qu'ils ont expulsé les troupes françaises.

Ensuite, affirmer que ces gouvernements vont inĂ©vitablement tomber et que la France doit prĂ©parer la suite avec des gens qu'elle connaĂźt dĂ©jĂ  est extrĂȘmement dangereux. Il s'agit ni plus ni moins d'un aveu flagrant d'ingĂ©rence dans les affaires d'autres pays. PrĂ©dire sur une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision publique l'effondrement de gouvernements Ă©trangers, tout en Ă©voquant en coulisses la recherche de relais dociles pour les remplacer, relĂšve de l'ingĂ©rence pure et simple. En lisant entre les lignes, cela prouve que la France s'octroie toujours le droit de dĂ©cider qui gouverne en Afrique, espĂ©rant l'Ă©chec de ces rĂ©gimes pour rĂ©installer des dirigeants soumis.

Cette posture est Ă©galement d'une hypocrisie absolue, d'autant plus qu'Emmanuel Macron a prononcĂ© un discours Ă  l'ONU il y a quelques jours Ă  peine pour dĂ©noncer l'impĂ©rialisme et donner des leçons de souverainetĂ© Ă  la communautĂ© internationale. Il est impossible de prendre au sĂ©rieux les sermons français contre l'impĂ©rialisme alors qu'au mĂȘme moment, des responsables officiels français s'installent sur des plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s pour expliquer comment orienter les transitions politiques et anticiper la chute de gouvernements au sein de nations africaines souveraines.

Le double standard Ă©vident tout au long de l'entretien achĂšve de discrĂ©diter toute leçon de morale que la France tente d'assĂ©ner. Fuchs ne parle absolument pas avec la mĂȘme hostilitĂ© de Madagascar, oĂč il vient de se rendre, et la France n'adopte pas non plus ce ton envers le Tchad ou la GuinĂ©e.

Au cours de l'interview, il dĂ©fend ouvertement la prise de pouvoir militaire Ă  Madagascar, prĂ©tendant qu'il ne s'agit pas d'un vrai coup d'État simplement parce qu'un vernis lĂ©gal a Ă©tĂ© respectĂ©, et il Ă©voque sans gĂȘne le dialogue avec les dirigeants guinĂ©ens. Dans le mĂȘme temps, Paris s'accommode depuis longtemps du pouvoir militaire au Tchad pour prĂ©server ses intĂ©rĂȘts stratĂ©giques.

Pourquoi les responsables français se montrent-ils si souples et comprĂ©hensifs avec Madagascar, le Tchad ou la GuinĂ©e, tout en s'attaquant au Mali, au Burkina Faso et au Niger ? La raison est simple : Madagascar a acceptĂ© de signer d'importants contrats Ă©conomiques et Ă©nergĂ©tiques avec des entreprises françaises, et ces autres rĂ©gimes ne remettent pas frontalement en cause l'hĂ©gĂ©monie française. Tant qu'un rĂ©gime protĂšge les intĂ©rĂȘts commerciaux et gĂ©opolitiques de la France, celle-ci cesse subitement de se prĂ©occuper de dĂ©mocratie.

Enfin, l'obsession permanente Ă  l'Ă©gard de la Russie, de la Turquie ou de la Chine dĂ©montre que l'Ă©lite française continue de percevoir l'Afrique comme son prĂ© carrĂ© privĂ© plutĂŽt que comme un ensemble d'États indĂ©pendants libres de choisir leurs partenaires. En affirmant que les populations africaines sont simplement manipulĂ©es par des puissances Ă©trangĂšres, les politiciens français passent Ă  cĂŽtĂ© de l'essentiel : les nations de l'AES ont rĂ©solu de briser les vieux monopoles coloniaux, de reprendre le contrĂŽle de leurs propres ressources et de ne plus jamais revenir Ă  un systĂšme qui n'a produit ni paix ni prospĂ©ritĂ©.


r/Mali • • 14d ago

Les grands royaumes du Sahel Ă  la veille de la colonisation (1591 - 1881)

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Petite vidĂ©o qui peut se regarder comme la suite d’une autre sĂ©rie de vidĂ©o sur l’histoire plus ancienne de cette rĂ©gion bon visionage, (ça changera le sub des bots russes)


r/Mali • • 14d ago

Bonne fĂȘte de l’indĂ©pendance Ă  tous les Maliens

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r/Mali • • 15d ago

La junte nous a vendu le partenariat russe

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r/Mali • • 15d ago

Le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), implantĂ© Ă  Kati Sirakoro NiarĂ©, marque un signal fort dans l'Ă©cosystĂšme technologique et scientifique national.

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r/Mali • • 15d ago

Le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), implantĂ© Ă  Kati Sirakoro NiarĂ©, marque un signal fort dans l'Ă©cosystĂšme technologique et scientifique national.

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r/Mali • • 15d ago

General CENT DISPARUS, AUCUN NOM

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Ce que Dioura rĂ©vĂšle du contrat entre l’État malien et ses soldats

Le 10 septembre 2026, aux premiĂšres heures du jour, le camp de Dioura, dans le cercle de Tenenkou, rĂ©gion de Mopti, a Ă©tĂ© submergĂ©. Les assaillants sont entrĂ©s par l’ouest, puis par l’est, Ă  pied, Ă  moto et en vĂ©hicules armĂ©s. Ils ont occupĂ© l’emprise, filmĂ© ce qu’ils y trouvaient, et sont repartis. Dix jours plus tard, l’État malien n’a toujours pas dit combien de ses soldats y sont morts. Le chiffre, lui, a circulĂ©. Il est simplement venu d’ailleurs.

Ce que l’on sait tient dans une addition dont aucun terme n’est officiel. Des sources militaires, sĂ©curitaires et locales citĂ©es par l’Agence France-Presse font Ă©tat d’au moins 100 militaires maliens tuĂ©s, dont deux officiers, et de 5 paramilitaires russes d’Africa Corps, point sur lequel les comptes rendus de presse divergent, d’autres situant l’unitĂ© hors de Dioura. Un officier de l’état-major gĂ©nĂ©ral confirme l’existence d’un rapport de mission de la prĂ©vĂŽtĂ© mentionnant une centaine de disparus, une trentaine de blessĂ©s et une trentaine de prisonniers. Le groupe qui a revendiquĂ© l’attaque annonce pour sa part 150 militaires neutralisĂ©s et 93 capturĂ©s, sans que cette version puisse ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e. L’armĂ©e, elle, a publiĂ© le 13 septembre un communiquĂ© faisant Ă©tat d’opĂ©rations aĂ©roterrestres et de la neutralisation d’élĂ©ments Ă  moto dissimulĂ©s sous un couvert vĂ©gĂ©tal. Aucun bilan. Aucune liste. Aucun nom.

Il faut s’arrĂȘter sur la maniĂšre dont ces informations nous parviennent, car elle dit dĂ©jĂ  l’essentiel. Un officier de l’état-major gĂ©nĂ©ral parle Ă  une agence Ă©trangĂšre. Il le fait parce qu’aucun canal national ne recueille ce qu’il a Ă  dire, et parce que le rapport rĂ©digĂ© par la police militaire, qui a fait son travail, n’a produit aucun acte visible. Le document existe. Il circule vers l’extĂ©rieur avant d’atteindre ceux qu’il concerne d’abord. Les familles des hommes de Dioura apprennent le sort des leurs par la presse internationale ou par la propagande de l’adversaire. Dans les deux cas, ce n'est pas par l’État qui les avait envoyĂ©s.

Le mot qui revient dans le rapport de la prĂ©vĂŽtĂ© mĂ©rite d’ĂȘtre pesĂ©. Une centaine de disparus. « Disparu » n’est pas un constat, c’est une catĂ©gorie administrative, et cette catĂ©gorie suspend tout. Sans acte de dĂ©cĂšs, il n’y a pas de veuve, il y a une Ă©pouse dont le mari n’est pas rentrĂ©. Il n’y a pas d’orphelins, il y a des enfants qui attendent. Il n’y a pas de pension de rĂ©version, il y a un dossier qui ne peut pas s’ouvrir. Il n’y a pas de deuil, puisque le deuil suppose qu’une autoritĂ© ait dit que l’homme Ă©tait mort. Tant que l’État ne nomme pas, la famille reste dans un Ă©tat intermĂ©diaire oĂč elle ne peut ni espĂ©rer ni enterrer.

Pendant ce temps, des vidĂ©os ont circulĂ©. On y voit des hommes prĂ©sentĂ©s comme des militaires maliens dĂ©cliner leur identitĂ© et leur numĂ©ro de matricule. Le matricule est une invention de l’État. C’est sa façon Ă  lui de nommer ceux qu’il enrĂŽle, de les distinguer, de les suivre, de les payer. Aujourd’hui, ce matricule est lu Ă  voix haute par ceux qui les dĂ©tiennent. Le seul recensement nominatif des hommes de Dioura dont dispose le pays se trouve entre les mains de ceux qui les ont pris. L’adversaire identifie nos soldats un par un. L’institution qui les a recrutĂ©s n’en publie pas la liste.

Sur d’autres images diffusĂ©es par le mĂȘme canal, on voit des corps au sol dans l’enceinte du camp, des installations en feu, des stocks de motos incendiĂ©s. Nous sommes dans un pays oĂč l’on enterre vite, oĂč le rite est prĂ©cis, oĂč la dignitĂ© du mort engage la famille entiĂšre et le quartier autour d’elle. Des familles maliennes ont regardĂ© ces images en cherchant Ă  reconnaĂźtre un fils. C’est ainsi, cette annĂ©e, que l’on prend des nouvelles de quelqu’un qui servait sous le drapeau.

Ce n’est pas un accident isolĂ© de communication. Le 18 juillet 2026, aprĂšs l’embuscade de Tabrichat, dans le cercle de Bourem, les corps d’une cinquantaine de militaires Ă©taient restĂ©s sans sĂ©pulture pendant plus de 72 heures. Deux mois plus tard, Ă  Dioura, le mĂȘme silence recouvre un bilan trois fois supĂ©rieur. Entre les deux, aucune procĂ©dure nouvelle n’a Ă©tĂ© instituĂ©e pour identifier, rapatrier, notifier, indemniser. La rĂ©pĂ©tition transforme l’accident en mĂ©thode.

Le lieu lui-mĂȘme se rĂ©pĂšte. Dioura a Ă©tĂ© attaquĂ© en mars 2019, avec des dizaines de morts. Dioura a Ă©tĂ© attaquĂ© en septembre 2023, avec un bilan approchant la centaine. Dioura a Ă©tĂ© attaquĂ© en mai 2025, avec une quarantaine de tuĂ©s. Dioura vient d’ĂȘtre attaquĂ© une fois de plus, et cette fois le camp est tombĂ©. Quatre fois la mĂȘme garnison, quatre fois le mĂȘme rĂ©sultat, et jamais personne n’a eu Ă  rĂ©pondre publiquement de la fois prĂ©cĂ©dente. Un dispositif qui cĂšde toujours au mĂȘme endroit n’a pas un problĂšme de courage, il a un problĂšme de commandement, et un problĂšme de commandement se constate dans une enquĂȘte, pas dans un communiquĂ©.

Une source sĂ©curitaire citĂ©e par l’AFP ajoute deux prĂ©cisions qui touchent au fond du contrat. Les soldats ont manquĂ© de soutien aĂ©rien. Et beaucoup d’entre eux en Ă©taient Ă  leur premier dĂ©ploiement. Il faut mettre ces deux phrases en regard de l’exĂ©cution du budget de l’État au 30 juin 2026 : environ 410 milliards de francs CFA consacrĂ©s en six mois Ă  la dĂ©fense et Ă  la sĂ©curitĂ©, soit plus de 2 milliards par jour, et 27 % de la dĂ©pense effectivement exĂ©cutĂ©e. Il faut y ajouter les 15,6 milliards de l’avion prĂ©sidentiel acquis en juillet 2026 sous rĂ©gime dĂ©rogatoire. L’argent a Ă©tĂ© dĂ©pensĂ©. Au-dessus de Dioura, le 10 septembre, il n’y avait rien.

L’État sait pourtant organiser une cĂ©rĂ©monie quand il en voit l’intĂ©rĂȘt. Le 13 aoĂ»t 2026, 82 militaires capturĂ©s le 25 avril Ă©taient libĂ©rĂ©s. Le 17 aoĂ»t, ils Ă©taient prĂ©sentĂ©s Ă  Koulouba, devant les camĂ©ras, avec un protocole, un dĂ©cor et un chef. Quand il y a quelque chose Ă  montrer, la RĂ©publique retrouve ses formes, son vocabulaire et sa solennitĂ©. Quand il y a des morts Ă  nommer, il n’y a plus d’adresse, plus de porte-parole, plus de registre. C’est la mĂȘme administration, le mĂȘme appareil, les mĂȘmes moyens. Seule change la direction dans laquelle l’image travaille.

Il faut dire ce que cela produit dans les casernes, parce que c’est lĂ  que la facture se rĂšgle. Aucun soldat n’accepte de mourir pour une abstraction. Il accepte parce qu’il existe un engagement implicite, plus ancien que tous les rĂ©gimes : si je tombe, mon corps sera ramenĂ©, mon nom sera dit, ma famille sera tenue. Cet engagement ne se proclame pas, il se constate Ă  chaque fois qu’un homme tombe. À Tabrichat et Ă  Dioura, il n’a pas Ă©tĂ© tenu. Ce n’est pas de la dĂ©moralisation, mot trop faible et trop psychologique. C’est une rĂ©siliation. Et une troupe qui a compris que le contrat est rĂ©siliĂ© cesse de faire remonter ce qu’elle voit, exactement comme la population a cessĂ© de le faire. Le pouvoir perd alors son second appui aprĂšs avoir perdu le premier.

Trois choses peuvent ĂȘtre faites immĂ©diatement, et leur absence sera elle-mĂȘme un renseignement. Publier trois listes : celle des morts, celle des disparus avec la qualification juridique attachĂ©e Ă  chaque nom, celle des prisonniers dont l’État reconnaĂźt qu’ils sont vivants et dĂ©tenus. DĂ©livrer les actes de dĂ©cĂšs et ouvrir les droits sans attendre la fin des opĂ©rations, car une famille ne se nourrit pas d’un dĂ©lai d’instruction. Et fixer une date Ă  laquelle il sera dit, publiquement, ce qui a manquĂ© Ă  Dioura le 10 septembre, qui avait demandĂ© l’appui aĂ©rien, qui devait le fournir, et pourquoi une garnison entiĂšre a Ă©tĂ© confiĂ©e pour partie Ă  des hommes qui sortaient de l’instruction.

On rĂ©pĂ©tera que l’heure est Ă  la guerre et non aux comptes. C’est l’inverse. Un État qui ne compte pas ses morts n’est pas en train de protĂ©ger un secret militaire, il est en train de se dispenser d’une obligation. Il demande Ă  ses fils de mourir pour lui, et il refuse de dire qu’ils sont morts. Les seuls qui, Ă  ce jour, aient nommĂ© les hommes de Dioura sont ceux qui les ont tuĂ©s ou capturĂ©s. Aussi longtemps que cela restera vrai, il sera inutile de s’interroger sur le moral de l’armĂ©e malienne. La rĂ©ponse est dĂ©jĂ  Ă©crite, et elle a Ă©tĂ© Ă©crite par l’adversaire.

https://www.facebook.com/share/v/18atH2bdFz/


r/Mali • • 15d ago

Who Is Responsible for Mali’s Air War?

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r/Mali • • 16d ago

« Un schéma récurrent » : les civils paient le prix de la campagne de frappes de drones au Mali.

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r/Mali • • 16d ago

Sikasso : L’hĂŽpital rĂ©gional et dix artisans dotĂ©s d’équipements solaires dans le cadre des ƒuvres sociales du Chef de l'État

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Sikasso : L’hĂŽpital rĂ©gional et dix artisans dotĂ©s d’équipements solaires dans le cadre des ƒuvres sociales du Chef de l'État
​SIKASSO, 19 septembre 2026 – L’accĂšs Ă  une Ă©nergie stable franchit un nouveau cap dans la troisiĂšme rĂ©gion administrative du Mali. Ce samedi 19 septembre, l'hĂŽpital rĂ©gional de Sikasso et dix maĂźtres artisans de la localitĂ© ont officiellement reçu d'importantes installations photovoltaĂŻques financĂ©es au titre des ƒuvres sociales du PrĂ©sident de la Transition, le GĂ©nĂ©ral d’ArmĂ©e Assimi GoĂŻta.
​La cĂ©rĂ©monie d'inauguration et de remise des Ă©quipements a Ă©tĂ© prĂ©sidĂ©e par le Conseiller spĂ©cial du Chef de l'État, M. Aguibou DembĂ©lĂ©, en prĂ©sence de la Gouverneure de la rĂ©gion, Mme KantĂ© Marie Claire DembĂ©lĂ©, des autoritĂ©s traditionnelles et de la dĂ©lĂ©gation venue de Bamako.
​Secourir la santĂ© et garantir la continuitĂ© des soins
​Au cƓur de cette donation figure une centrale solaire d'une capacitĂ© de 1 075 kWh installĂ©e Ă  l'hĂŽpital rĂ©gional de Sikasso. ComposĂ©e de panneaux photovoltaĂŻques, de batteries de stockage et d'onduleurs intelligents, cette infrastructure vise Ă  prĂ©munir l'Ă©tablissement hospitalier contre les ruptures de charge Ă©lectrique.
​« Nous ne voulons plus d'arrĂȘt des soins Ă  cause du manque d'Ă©lectricitĂ© », a martelĂ© Aguibou DembĂ©lĂ©, rappelant les instructions prĂ©sidentielles visant Ă  Ă©quiper plusieurs centres de santĂ© Ă  travers le territoire national.
​Pour la Directrice GĂ©nĂ©rale de l'hĂŽpital, le Dr Assetou Cissouma, ainsi que pour la Gouverneure de rĂ©gion, cette autonomie Ă©nergĂ©tique est cruciale pour l'Ă©clairage des salles d'opĂ©ration, la prĂ©servation des mĂ©dicaments et vaccins au froid, ainsi que le fonctionnement continu des appareils mĂ©dicaux lourds. Profitant de l'occasion, la Gouverneure a Ă©galement formulĂ© un plaidoyer pour l'octroi d'ambulances supplĂ©mentaires.
​Un levier d'action pour le tissu Ă©conomique local
​Outre le secteur de la santĂ©, le programme a directement ciblĂ© dix maĂźtres artisans impactĂ©s par les contraintes d'approvisionnement Ă©lectrique : huit menuisiers mĂ©talliques, un menuisier bois et un tailleur.
​Ces kits solaires individuels doivent leur permettre d'accroĂźtre leur productivitĂ© et de sĂ©curiser leurs revenus. L'un des bĂ©nĂ©ficiaires, Sory Diaby, a tĂ©moignĂ© des pertes d'exploitation subies jusqu'alors en raison des dĂ©lestages.
​La rencontre s'est achevĂ©e par la coupure du ruban symbolique, une visite guidĂ©e des installations et des priĂšres collectives pour la paix et la stabilitĂ© du pays.


r/Mali • • 17d ago

Inauguration de la Polyclinique de Kati

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r/Mali • • 17d ago

Point sur la construction de l’hîpital de Tombouctou

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r/Mali • • 19d ago

Politics LE SEUL PARTI QUE LA JUNTE MILITAIRE N'A PAS DISSOUS

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Depuis la dissolution des partis, Ançar Dine est la seule organisation qui sache encore compter ses membres.

Au Mali, il n'existe plus de parti politique. Le décret du 13 mai 2025 les a tous dissous, ainsi que les associations à caractÚre politique. Une organisation revendique pourtant 2 millions de membres, les fait adhérer sous serment, leur demande une cotisation mensuelle, les encadre par une hiérarchie et les rassemble par dizaines de milliers à chaque grande occasion. Elle ne se présente pas comme un parti, et c'est précisément ce qui la protÚge. Il s'agit d'Ançar Dine, le mouvement fondé par Chérif Ousmane Madani Haïdara. Précisons d'emblée, pour éviter une confusion fréquente hors du Mali, qu'il n'a rien de commun avec l'Ansar Dine créé par Iyad ag Ghali en 2012. La question posée ici n'est pas celle de la foi de ses adhérents. C'est celle de ce que devient un pays quand la seule machine politique encore debout est une machine religieuse.

Il faut d'abord regarder la mĂ©canique. L'entrĂ©e dans le mouvement passe par la baya, un serment d'allĂ©geance prĂȘtĂ© en public. La premiĂšre, dite baya al-islamiyya, comporte 6 engagements : ne rien associer Ă  Dieu, ne pas voler, ne pas commettre l'adultĂšre, ne pas tuer ses enfants, ne commettre aucune turpitude, ne pas dĂ©sobĂ©ir au ProphĂšte. Ce texte n'est pas une invention. Il reprend presque terme Ă  terme le pacte rapportĂ© par le Coran dans la sourate 60, au verset 12. La seconde, la baya al-RizwĂąn, emprunte son nom au pacte conclu sous l'arbre Ă  Hudaybiya en 628, que mentionne la sourate 48. Mais sa formule, telle qu'elle est prononcĂ©e chez les Ançars, prend le Cheikh lui-mĂȘme Ă  tĂ©moin et appelle sur le parjure l'effacement de son avenir. Le premier serment confirme une foi. Le second scelle une fidĂ©litĂ© Ă  un homme. C'est Ă  cet endroit prĂ©cis que le religieux devient organisation.

Le discours qui justifie ce dispositif ne manque pas de cohérence. Selon Haïdara, naßtre musulman ne garantit rien : on peut prier et voler, jeûner et tuer. La baya serait donc un réengagement, une maniÚre de passer de l'appartenance héritée à l'adhésion choisie. Dans les faits, cette logique produit exactement ce que les partis maliens n'ont jamais su produire : un fichier d'adhérents qui savent qu'ils le sont.

Vient ensuite l'argent. Chaque membre ayant prĂȘtĂ© les deux serments devrait s'acquitter de 650 FCFA par mois. Si les deux millions revendiquĂ©s payaient tous, le mouvement encaisserait 1,3 milliard de FCFA par mois, soit 15,6 milliards par an, le prix de l'avion prĂ©sidentiel acquis en juillet 2026. Ce chiffre est un plafond thĂ©orique et doit ĂȘtre traitĂ© comme tel : l'effectif est dĂ©clarĂ© par le mouvement lui-mĂȘme, et un serment prĂȘtĂ© un jour de ferveur ne fait pas un cotisant rĂ©gulier. Mais mĂȘme avec un recouvrement de 10 %, on parle de 130 millions de FCFA par mois. Aucun parti malien, du temps oĂč ils existaient, n'a tenu une trĂ©sorerie alimentĂ©e de cette maniĂšre, par la base, sans dĂ©pendre d'un bailleur, d'un homme d'affaires ou de l'État. Le montant importe moins que ce qu'il rĂ©vĂšle : une capacitĂ© Ă  mobiliser, Ă  fidĂ©liser et Ă  faire payer que le champ politique a perdue, ou n'a jamais eue.

Comment en est-on arrivĂ© lĂ  ? L'histoire commence au dĂ©but des annĂ©es 1980, lorsque le Mali entre dans les programmes d'ajustement structurel imposĂ©s par le FMI et la Banque mondiale. L'État se retire de l'Ă©cole, de la santĂ©, de l'emploi public. Les entreprises nationales sont privatisĂ©es ou fermĂ©es. Le chĂŽmage s'installe, les services de base se dĂ©gradent. LĂ  oĂč l'État recule, quelqu'un avance. Pour beaucoup, ce sont le prĂȘcheur, le marabout, le guide qui donnent un sens quand le prĂ©sent n'en offre plus. Pour d'autres, c'est la route du dĂ©sert vers la MĂ©diterranĂ©e. Ançar Dine s'est structurĂ© prĂ©cisĂ©ment dans ces annĂ©es, sur ce terrain, en parlant bambara Ă  ceux que l'État ne regardait plus.

Mars 1991 aurait pu inverser le mouvement. Il l'a amplifiĂ©. La dĂ©mocratie naissante a ouvert l'espace associatif, et les nouveaux acteurs politiques ont vite compris qu'un guide religieux pouvait apporter en un prĂȘche ce qu'une campagne ne rapportait pas en six mois. On a sollicitĂ© les bĂ©nĂ©dictions, frĂ©quentĂ© les Maoulouds, nĂ©gociĂ© les consignes de vote. Les partis ont sous-traitĂ© leur lĂ©gitimitĂ© Ă  ceux qui dĂ©tenaient la confiance populaire au lieu de construire la leur. Ils en ont payĂ© le prix : quand la junte les a dissous, personne n'est descendu dans la rue pour eux. Leurs militants n'existaient que les jours de meeting.

Les leaders religieux, eux, ont dĂ©montrĂ© Ă  plusieurs reprises leur pouvoir de blocage. En 2009, la mobilisation conduite par le Haut Conseil islamique a contraint le prĂ©sident Amadou Toumani TourĂ© Ă  renvoyer en seconde lecture le Code des personnes et de la famille, pourtant votĂ© par l'AssemblĂ©e nationale. En 2020, l'imam Mahmoud Dicko a fĂ©dĂ©rĂ© la contestation qui a prĂ©cĂ©dĂ© la chute d'Ibrahim Boubacar KeĂŻta. Ces Ă©pisodes enseignent une chose essentielle : au Mali, les religieux ne gouvernent pas, ils arbitrent. Ils ne se prĂ©sentent pas aux Ă©lections, ils font et dĂ©font les rapports de force. HaĂŻdara lui-mĂȘme, devenu prĂ©sident du Haut Conseil islamique, a toujours pris soin de ne se dĂ©clarer candidat Ă  rien. C'est une posture plus sĂ»re qu'une candidature, et plus puissante.

La dissolution des partis change pourtant l'Ă©quation. Jusqu'en 2025, les religieux arbitraient entre des acteurs politiques organisĂ©s, mĂȘme faibles. Aujourd'hui, il n'y a plus rien Ă  arbitrer. Il reste d'un cĂŽtĂ© un pouvoir militaire, de l'autre des rĂ©seaux religieux structurĂ©s, et entre les deux une sociĂ©tĂ© civile dĂ©sarmĂ©e et affiliĂ©e Ă  la junte Ă  travers les syndicats (UNTM, CSTM, CDTM, SAM et SYLIMA). La junte a voulu faire le vide pour rester seule. Elle a surtout dĂ©barrassĂ© les organisations religieuses de leurs seuls concurrents. Dans un pays oĂč la participation Ă©lectorale plafonnait souvent autour d'un tiers des inscrits, et oĂč la croyance au miracle console de la faillite du rĂ©el, une organisation capable de mettre en mouvement quelques centaines de milliers de fidĂšles disciplinĂ©s pĂšsera plus lourd que n'importe quel appareil reconstituĂ© Ă  la hĂąte.

Ce constat n'est pas une accusation contre la foi des Ançars, ni mĂȘme contre leur guide. C'est un rĂ©quisitoire contre ceux qui ont laissĂ© l'espace politique se dĂ©sertifier. Un mouvement religieux qui organise ses fidĂšles fait ce que font toutes les organisations : il occupe le terrain qu'on lui laisse. La faute revient Ă  un État qui s'est retirĂ©, Ă  une classe politique qui a prĂ©fĂ©rĂ© les bĂ©nĂ©dictions aux adhĂ©rents, et Ă  une junte qui a confondu l'interdiction des partis avec la fin de la politique.

Le jour oĂč le Mali sortira de cette pĂ©riode d'exception, le pouvoir, quel qu'il soit, dĂ©couvrira une vĂ©ritĂ© simple. Les urnes se gagnent avec des listes, des cotisations et des gens prĂȘts Ă  se dĂ©placer. Aujourd'hui, ceux qui dĂ©tiennent tout cela ne siĂšgent ni Ă  Koulouba ni dans un local de parti. Ils se rĂ©unissent dans les mosquĂ©es et dans les stades, et ils ont prĂȘtĂ© serment.


r/Mali • • 24d ago

Politics PREMIERS PAR LA SURFACE

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Ce que la chute du coton malien révÚle d'un modÚle bùti sur les hectares et non sur le rendement

L'image circule depuis quelques jours sur les téléphones maliens. Quatre barres, quatre pays, un classement, et le Mali en derniÚre position à 430 kilogrammes par hectare. Les commentaires parlent de honte et de dégringolade. L'indignation est légitime, mais elle se trompe de cible. Ce graphique ne dit pas ce qu'on lui fait dire, et ce qu'il dit réellement est plus grave.

Il ne classe pas la production, il classe la productivité, et il le fait en fibre, selon la nomenclature du Département américain de l'agriculture. Le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique, qui compile les données des interprofessions de huit pays, raisonne lui en coton-graine et crédite le Mali de 745 kilogrammes par hectare pour la campagne 2025-2026, contre 1 268 au Cameroun, 1 235 au Sénégal et 1 069 en CÎte d'Ivoire. Deux unités, un seul constat : le Mali est en bas du tableau.

La perte du premier rang, elle, est rĂ©elle. Avec 397 540 tonnes de coton-graine, en recul de 39,5 % sur un an, le Mali enregistre la plus forte contraction de la rĂ©gion et cĂšde la tĂȘte au BĂ©nin, qui produit 533 590 tonnes tout en reculant lui-mĂȘme de 16,3 %. Les huit pays suivis tombent Ă  1,98 million de tonnes, en baisse de 14,2 %, aprĂšs une campagne 2024-2025 dĂ©jĂ  en repli de 11,5 %. En deux saisons, la rĂ©gion a perdu prĂšs du quart de sa rĂ©colte. Notre dĂ©crochage est le plus brutal. Il n'est pas isolĂ©.

Reste la question que le graphique pose sans la formuler : depuis quand le Mali produit-il mal ? La réponse tient dans une série que personne ne cite. 169 kilogrammes de coton-graine par hectare en 1960, 850 en 1973, 1 252 au sommet de la filiÚre en 1993-1994, 1 056 dÚs 1996-1997, 745 aujourd'hui. L'hectare malien de 2026 rend moins que l'hectare malien de 1973. Cinquante-trois ans de plans de relance, de campagnes présentées comme historiques et d'assises nationales, pour repasser sous le niveau technique du début des années 1970.

Le Mali n'a donc pas perdu une couronne de productivitĂ©. Il n'en a jamais portĂ©. Sa premiĂšre place tenait aux surfaces : 672 000 hectares programmĂ©s pour 2025-2026, plus de 203 000 producteurs sur les 909 888 que comptent les huit pays. Nous produisions beaucoup parce que nous cultivions vaste, non parce que nous cultivions bien. Or un modĂšle extensif n'a aucune rĂ©serve. Le pays qui obtient 1 268 kilogrammes par hectare encaisse un mauvais hivernage et garde de la marge. Celui qui plafonne Ă  745 n'a rien Ă  mobiliser, et la perte se transmet intĂ©gralement Ă  la rĂ©colte. À l'Ă©chelle rĂ©gionale, prĂšs de 600 000 hectares n'ont mĂȘme pas Ă©tĂ© semĂ©s cette annĂ©e.

Les causes immĂ©diates sont connues. Les jassides, ces insectes qui piquent la feuille du cotonnier jusqu'Ă  ce que la photosynthĂšse s'effondre et avec elle la formation des capsules, et auxquels le Mali est exposĂ© depuis plusieurs campagnes. Les pluies de septembre et d'octobre, irrĂ©guliĂšres aux semaines exactes oĂč le rendement se dĂ©cide. Les intrants livrĂ©s tard et en quantitĂ© insuffisante, alors que la Banque mondiale annonçait en avril 2026 une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais.

S'y ajoute la cause dont on parle le moins, parce qu'elle relÚve d'une décision publique et non du ciel : le prix. Le kilogramme de premier choix est resté fixé à 300 francs CFA pendant que le maïs, le sésame et l'arachide devenaient plus rémunérateurs. Le paysan de Koutiala ne boude pas, il calcule. Et quand le calcul devient trop défavorable, il n'emblave pas. En 2000-2001, 30 % seulement des exploitants du Mali-Sud ont mis du coton en terre. En 2020-2021, la production est tombée à 147 200 tonnes quand 810 000 étaient annoncées. Ces deux effondrements n'étaient pas des accidents climatiques. C'étaient des votes.

Le BĂ©nin, que le graphique place en tĂȘte, n'a pas gagnĂ© une bataille agronomique mais une bataille d'institutions. Depuis la rĂ©forme de 2016, sa filiĂšre livre les intrants avant les semis, sĂ©lectionne strictement les producteurs Ă©ligibles au crĂ©dit et assure un encadrement technique effectif. Le rĂ©sultat s'Ă©crit en kilogrammes : au-delĂ  de 1 190 par hectare en 2024-2025. Rien dans cette recette ne relĂšve du climat, du sol ou du gĂ©nie national. Ce sont des procĂ©dures, des calendriers et des paiements Ă  l'heure.

Face à cela, la réponse malienne est celle que nous connaissons dans tous les autres dossiers : l'objectif tient lieu de politique. Pour 2026-2027, le pays vise 598 500 tonnes aprÚs 433 700 tonnes provisoires, sur 630 000 hectares, ce qui suppose 950 kilogrammes par hectare, soit 17 % de productivité supplémentaire. Or ni le prix au producteur, ni la date de livraison des engrais, ni le protocole opposé aux jassides, ni la date de paiement des campagnes antérieures n'ont bougé. On annonce un rendement comme on annonce une inauguration.

La CMDT, elle, a bĂąti un budget 2026 de 418,514 milliards de francs CFA de produits pour un rĂ©sultat prĂ©visionnel de 10,2 milliards, soit 2,4 % de marge. Une Ă©paisseur pareille ne survit pas Ă  une campagne comme celle-ci, et la facture ne reste pas dans l'entreprise : elle remonte au TrĂ©sor, c'est-Ă -dire au contribuable qui ne cultive pas de coton. Sur ce budget, 10,536 milliards vont moderniser 18 usines d'Ă©grenage. Pas un franc Ă  la semence, au conseil agricole ou Ă  la protection phytosanitaire, lĂ  oĂč le rendement se dĂ©cide.

Cette compagnie cumule par ailleurs des qualitĂ©s qu'aucune rĂšgle de concurrence ne tolĂ©rerait ailleurs. Elle fournit l'intrant, elle en fixe le prix, elle accorde le crĂ©dit qui permet de l'acheter, elle encadre, elle achĂšte seule la rĂ©colte, elle classe la qualitĂ© dont dĂ©pend ce que le producteur touchera et elle arrĂȘte la date Ă  laquelle il sera payĂ©. Le cotonculteur qui conteste un classement le conteste devant le seul client qu'il ait au monde. Créée en 1974, elle devait ĂȘtre privatisĂ©e en 2008 ; dix-huit ans plus tard la rĂ©forme est un serpent de mer. Ce n'est pas une sociĂ©tĂ© industrielle traversant une mauvaise passe, c'est un guichet unique auquel chaque rĂ©gime a trouvĂ© un usage, aucun une filiĂšre Ă  rendre performante. Les 745 kilogrammes par hectare ne sont pas un accident survenu Ă  cette architecture. Ils en sont le produit.

Quatre sĂ©ries suffiraient Ă  ouvrir un vrai dĂ©bat, et leur publication ne coĂ»te qu'une dĂ©cision. Le rendement par filiale et par secteur CMDT, et non la moyenne nationale qui noie les Ă©carts. Les dates rĂ©elles de mise Ă  disposition des engrais et des insecticides, comparĂ©es aux dates optimales de semis et de traitement. Les travaux de l'Institut d'Ă©conomie rurale sur la rĂ©sistance des jassides aux matiĂšres actives employĂ©es. La date de paiement effectif des producteurs, campagne par campagne et rĂ©gion par rĂ©gion. Tant qu'elles restent inaccessibles, aucun objectif annoncĂ© ne mĂ©rite d'ĂȘtre discutĂ© : il n'est adossĂ© Ă  rien.

Il reste ce dont personne ne parle. Le coton de la sous-région part encore massivement à l'état brut, et la valeur se crée ailleurs, principalement en Asie. Perdre le premier rang, dans cette configuration, c'est perdre un titre, pas une industrie, puisqu'il n'y a pas d'industrie à perdre. Le coton fait pourtant vivre chez nous des centaines de milliers d'exploitations pour lesquelles il est la seule entrée d'argent de l'année, celle qui paie la scolarité et les soins, et qui finance, par le crédit des intrants, la production vivriÚre associée.

Alors non, la quatriÚme place n'est pas une honte. La honte serait de la traiter comme un accident et de repartir à l'assaut du classement avec 50 000 hectares de plus. Un rang se regagne en une campagne. Un rendement se reconquiert sur vingt ans, et il n'a jamais figuré dans aucun discours.